Activité physique et santé : à quand le grand pas vers l’immunité ?


Le bilan du sport santé depuis 2011 est peu satisfaisant. Une triste réalité en période de pandémie de Covid-19…

Urgence : activité physique pour sa santé

  • La lutte contre la sédentarité relayée par de nombreux spécialistes depuis plus de 30 ans est l’un des éléments clés de la réussite d’une politique de santé publique.
  • Le Professeur François Carré dans sa publication « Danger Sédentarité » apporte tous les éléments de réflexion utiles à organiser une action globale, coordonnée et pérenne avec tous les acteurs concernés.
  • Le mouvement est reconnu comme thérapie non médicamenteuse.
  • Des organismes comme l’ONAPS, la HAS, l’INSERM, le Pôle National Sport Santé proposent des outils adaptés aux publics concernés.

Face au Covid-19…

La pandémie de Covid-19 est malheureusement la vitrine de cette évidence. Les personnes porteuses de facteurs de risque ont plus d’opportunité de déclarer une forme sévère de la maladie.

La vulgarisation du message « booster » l’immunité est donc une réalité enfin mis en avant par cette triste réalité historique.

Or comment améliorer l’immunité autrement que par la pratique d’une activité physique permettant d’améliorer sa forme et réduire son IMC ? Sans oublier une alimentation saine et la diminution de l’alcool et du tabac.

… booster l’immunité

Une étude publiée dans la revue Frontiers a mis en avant que les pays connaissant une stagnation ou une régression de l’espérance de vie, avec des revenus et des taux de maladies non transmissibles élevés, étaient les plus touchés par l’épidémie. Elle conclut sur l’importance de l’activité physique comme facteur de prévention face au risque de développer une forme sévère voire mortelle de Covid-19.

Une autre étude met en avant une corrélation inverse entre la capacité maximale aérobie et la probabilité d’hospitalisation due à la COVID-19. Or l’amélioration de la capacité aérobie est une évidence chez les personnes suffisamment actives et entretenant une mobilité active de type aérobie.

La conclusion de cette étude est la suivante : « La capacité maximale d’exercice est associée indépendamment et inversement à la probabilité d’hospitalisation due au COVID-19. Ces données appuient également la relation importante entre la condition physique cardiorespiratoire et les résultats pour la santé. Des études futures sont nécessaires pour déterminer si l’amélioration de la capacité maximale d’exercice est associée à un risque plus faible de complications dues à des infections virales, comme covid-19. »

L’activité physique comme outil de prévention pour la santé d’une population

Les bienfaits d’une pratique régulière et pérenne d’une activité physique ne sont plus à démontrer.

Le Sport Santé est donc une réalité et un enjeu de santé publique. Or le bilan du sport santé depuis 2011 et l’inscription dans le Programme National Nutrition Santé (PNNS3) de la nécessité d’augmenter le niveau d’activité physique pour tous est peu satisfaisant. En effet la loi sport santé sur ordonnance n’a pas booster l’inclusion de malades dans les cessions sport santé et la création des Maisons Sport Santé rappelle un peu la diversité de la création des CMS en son temps.

Comment agir

  • Le dépistage des facteurs de risque est une solution mais la disparition de la médecine préventive est un frein.
  • L’école, l’université et le milieu du travail doivent retrouver un rôle dans le dépistage des facteurs de risque et de la lutte contre la sédentarité.
  • L’appropriation par le public des messages de prévention serait une formidable opportunité alors pourquoi ne pas modifier ces messages pour qu’ils deviennent audibles ou repris par des puissants médias.
  • La mobilité active peut être la solution pour lutter contre la sédentarité et le Plan Vélo va dans ce sens mais alors « boostons » la mise en place de plans adaptés et sécurisés comme cela est une très ancienne réalité, par exemple, en Hollande et en Belgique. Proposons aussi des garages à vélos sécurisés afin de lutter contre les vols et dégradations diverses.
  • La mise en place d’un véritable plan activité physique pour la santé en faisant du territoire un terrain de pratique sécurisé, ludique et agréable.
  • En mobilisant tous les acteurs dès les premiers pas à l’école afin que l’activité physique redevienne un réflexe naturel.
  • En formant les médecins à la dispensation le l’activité physique comme thérapie non médicamenteuse mais aussi en apportant à ceux-ci des conditions de réalisation de leurs prescriptions répondant à des consensus établis et reposant sur de véritables indicateurs de santé.
  • En n’opposant pas le Sport Santé fédéral à l’activité physique pour la santé car cela est peu productif, mais organisons nous pour que des passerelles existent entre tous les acteurs.
  • En évitant la multiplication de financements précaires, d’appels à projets ciblés ou d’aides hétérogènes sans stratégie durable ni de plan à long terme et surtout en évitant de mettre en concurrence tous les acteurs qui sont alors dans l’obligation de s’opposer pour exister et ainsi desservir la lisibilité du sport santé.
  • En canalisant les énergies car chacun doit avoir sa place et toute sa place dans le respect des compétences individuelles et collectives.
  • Enfin en créant les conditions financières ou d’accompagnement permettant à chacun de participer à des programmes activités physiques validés répondant aux objectifs de santé publique afin d’améliorer les indicateurs de santé et ainsi de réduire les facteurs de risque face aux maladies chroniques.

Bref le financement pérenne et individuel par l’assurance maladie est l’une des pistes afin de lever les freins. L’enjeu : une économie de plus de deux milliards d’euros par an en dépense de santé !