La sédentarité, un facteur aggravant du Covid-19 ?


Le manque d’exercice est associé à un risque accru, en cas de Covid-19, de faire une forme plus sévère et d’en mourir, selon une étude américaine sur près de 50.000 patients publiée ce mercredi.

Faire du sport pour se protéger d’une forme grave du Covid-19. Le résultat de cette récente étude américaine, publiée par le British Journal of Sports Medicine, devrait vous motiver pour débuter ou reprendre une activité physique.
Les chercheurs ont conclu que les personnes atteintes du Covid-19 qui pratiquaient une activité sportive régulière étaient minoritaires dans les services de réanimations et de soins intensifs.

Une étude menée sur près de 50 000 patients
Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont comparé le devenir de 48 440 adultes infectés par le Covid-19 entre janvier et octobre 2020, aux États-Unis.
L’objectif ? Étudier l’impact potentiel de la sédentarité sur la gravité de l’infection, l’hospitalisation, le passage en réanimation et le décès.

Les chercheurs ont constaté que les patients sédentaires atteints du Covid-19 étaient plus de deux fois plus susceptibles d’être hospitalisés que les plus actifs.
Leur risque d’avoir besoin de la réanimation suite à une contamination au Covid-19 est également supérieur à 73% par rapport à celles des patients qui suivent les recommandations sanitaires en matière de pratique sportive.
Quant au risque de décès, les sédentaires y sont 2,5 fois plus susceptibles.
Les chiffres sont moindres pour les patients qui ont déclaré une activité physique modérée, entre 11 minutes et 2h40 par semaine. Ils risquent moins d’être hospitalisés et de mourir de leur infection que les patients n’en déclarant aucune.

La sédentarité plus grave que le tabagisme ou l’obésité ?
On connaissait déjà les comorbidités du Covid-19 combiné à un âge avancé ou certaines patho-logies pré-existantes, comme le diabète, l’obésité et les maladies cardiovasculaires. L’inactivité physique n’avait pas encore été étudiée.
Les résultats de cette étude montrent pourtant que comparée aux autres facteurs de risque comme le tabagisme, l’obésité, l’hypertension artérielle, les maladies cardiovasculaires ou le can-cer, « l’inactivité physique était le facteur de risque le plus important dans tous les résultats » sou-lignent les chercheurs.
Comme facteur de risque de maladie grave, l’inactivité physique n’est dépassée que par un âge avancé et des antécédents de transplantation d’organe, selon les chercheurs.
Malgré ces observations, les chercheurs maintiennent qu’aucun lien direct n’a pu être établi entre le manque d’exercice et les résultats obtenus.

Une population de plus en plus sédentaire
Il vaut mieux prévenir que guérir, dit-on communément. L’activité physique devrait donc être encouragée en ces temps de pandémie. Elle est paradoxalement délaissée, la tendance mon-diale glissant vers la diminution du volume total de l’activité physique quotidienne.

L’inactivité physique est devenue l’un des principaux facteurs de risque pour les problèmes de santé et est à l’origine d’environ 10% de la mortalité totale dans la région européenne de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Selon les estimations de l’OMS, l’inactivité physique est la cause de 5% de la charge des cardiopathies coronariennes, de 7% du diabète de type 2, de 9% du cancer du sein et de 10% de cancer du côlon.

Pendant le premier confinement, un Français sur deux n’a pas pratiqué au moins 30 minutes d’activité physique par jour, ce qui était pourtant recommandé par les autorités de santé, selon une enquête CoviPrev. Un tiers des Français ont aussi déclaré être restés assis pendant plus de sept heures par jour, soit un niveau de sédentarité trop élevé.

La fermeture des salles de sport, l’interruption des compétitions amateurs et les confinements successifs ont bien évidemment influencé la pratique physique des Français mais ils n’expliquent pas à eux seuls la sédentarité de la population française.
Les Français déclaraient déjà en 2018 passer environ 7h24 assis par jour selon les chiffres re-cueillis auprès de 500 d’entre eux, âgés de 18 ans et plus, lors d’une étude de l’association Atti-tude Prévention.

Le constat est particulièrement inquiétant chez les adolescents. Les 11-17 ans « passent trop de temps devant leur écran et pas assez à pratiquer du sport », avait alerté l’agence de sécurité sanitaire en février 2020. Elle demandait aux pouvoirs publics d’inciter les jeunes, surtout les filles, à bouger plus.